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Livre: L'équitation de légèreté par l'éthologie par Stéphane Bigo

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Quelques exercices susceptibles de structurer le mental du cheval

Lorsqu’on éduque un cheval, on assiste parfois à des miracles. Tout à coup le cheval cesse de s’opposer. Il y a un avant et un après. Comme si la personnalité de l’animal se modifiait, soudainement et profondément. Que s’est-il passé et comment parvenir à un tel résultat ?

D’une manière générale, l’éducation a deux fonctions principales : a)  développer les capacités de l’élève, b) le structurer pour lui permettre d’affronter des situations nouvelles et de s’insérer dans un système a priori étranger, donc hostile.

L’objectif de structuration consiste à donner à l’élève-cheval des « habiletés » qui vont lui permettre de gérer des situations qui le dépassent, donc génératrices de stress et de résistances. Il nous incombe de déceler ces situations, ensuite de lui proposer des exercices structurants qui lui permettront d’y faire face.

Quatre cas de figure reviennent de manière récurrente :

Obtenir un mouvement dans la durée

Si le cheval en liberté sait déjà faire par lui-même tout ce qu’on lui demande en équitation, il n’a pas l’habitude de le faire dans la durée. Nous aurons donc à lui apprendre à rester dans le cadre d’un mouvement un certain temps, sans qu’il se rebelle. Un exercice particulièrement adapté pour résoudre ce problème est celui des « Allures et transitions » en liberté dans le rond de dressage (nous en donnons un aperçu dans la rubrique « Travail en liberté »).

Apprendre à gérer le poids du cavalier

Autre difficulté : gérer le poids du cavalier. Le cheval, naturellement sur les épaules voit cette tendance s’accentuer lorsqu’il a le poids d’un cavalier sur le dos. Cela peut le mettre très mal à l’aise s’il ne sait comment réagir. Une fois le cheval éduqué à céder au collier d’encolure, son utilisation sera souveraine pour lui apprendre à gérer son équilibre dans les transitions descendantes et les reculers. Nous abordons cet exercice dans la rubrique « Travail monté » (« Troisième temps : travail sans rênes »).

Demande de reculer avec le collier d'encolure

A titre anecdotique, j’avais à rééduquer une petite jument vif-argent réputée intouchable (à majorité de sang arabe) qui, après avoir éjecté régulièrement ses cavaliers à la suite d’un débourrage trop expéditif, avait été laissée dans un pré avec deux compagnons pendant deux ans sans être ni travaillée, ni montée.

A la suite d’une rééducation progressive au sol telle que décrite ci-dessus (durée : un jour et demi), elle acceptait de se laisser monter. Avec le collier d’encolure, je remarquais que, si elle comprenait bien comment s’arrêter, elle éprouvait visiblement des difficultés pour exécuter le pas de reculer que je lui réclamais ensuite.

En associant cette demande à une autre qu’elle connaissait déjà (tapotement du stick sur le poitrail), elle comprit tout à coup comment faire. Ce fut pour elle une révélation. Dans la sortie qui suivit, plus d’opposition, des ralentissements et des arrêts à la demande avec le collier et des galops parfaitement équilibrés. La jument savait maintenant comment gérer ses équilibres avec mes 80 kilos sur le dos. C’était un autre cheval.

Contrôler la tête

3) Troisième difficulté majeure : le cavalier va demander à son cheval de lui donner sa tête, pour tourner, ralentir ou s’arrêter. Elle est pour lui tabou, siège de son indépendance et de ses équilibres. Comment faire pour qu’il l’accepte sans résister ? Indépendamment des désensibilisations nécessaires, les flexions résolvent ce problème, et en particulier la flexion de nuque. Ce placer l’apaise comme si, désormais, il pouvait s’en remettre à son cavalier en toute confiance (voir les deux derniers items du « Travail monté »).

Là encore, une anecdote : Eos, hongre de dix ans n’arrêtait pas de protester contre l’action des rênes. Au cours d’un stage où il apprenait à devenir malléable mais toujours avec ce problème de tête, je le travaillais monté d’abord en collier d’encolure avant de lui demander avec les rênes des flexions de nuque par des « prendre-rendre » successifs (sorte de pompage régulier qui fractionnent la demande – voir les « préceptes de bases » au chapitre « Apprivoiser son cheval »). Soudain il cédait et se plaçait. Dans ce cadre du « ramener », Eos avait trouvé l’apaisement, la structure qui le rassurait et dans laquelle il n’avait plus à lutter. Un autre cheval était né.

Obtenir l'immobilité

Par l'immobilité obtenue dans la légèreté (cheval libre l'intérieur du cadre correspondant), on lui donne le moyen de s'assagir et de se calmer.

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Texte © Stéphane Bigo – Photos © Véronique ou Stéphane Bigo

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